Un enfant de 12 ans rasé et violenté pour sa coupe de cheveux

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09 mars 2018
Par Mikaël Livret
Le directeur de l’école coranique de Sarcelles (Val-d’Oise) et 3 animateurs de la ville ont été condamnés jeudi à des peines de prison ferme pour violences aggravé. Ils avaient frappé et rasé la teinte d’un jeune garçon qui s’était teint les cheveux.

La punition s’est transformée en humiliation. Les faits remontent au mois d’Avril 2017. Le jeune garçon se rend alors à la mosquée Foi et Unicité, à Sarcelles (Val-d’Oise) pour y suivre un cours d’arabe. Il arbore fièrement sa nouvelle coiffure et ses cheveux teint en blond. La couleur n’est pas du gout du directeur de l’école coranique qui se saisit d’une tondeuse et lui rase une bande sur la tête.

Remonté, l’adolescent rentre chez lui, puis repart peu de temps après « armé » d’une boîte d’œufs qu’il s’empresse avec des camarades de jeter sur la porte et la boîte aux lettres du directeur.

Le calvaire va durer deux heures

Pris sur le fait, il apprend le lendemain que la punition va se transformer en correction. Le directeur rameute quinze à vingt personnes. Il se retrouve coincé dans un local technique entouré de trois hommes. Les coups pleuvent. Le calvaire va durer deux heures entrecoupé « de petites pause » pour lui donner de l’eau, un mouchoir pour essuyer le sang sur son visage. On lui proposera même de « manger un grec ».

La jeune victime reconnaît désigne aussi ses agresseurs : trois animateurs de la ville. Il incrimine aussi le directeur qui aurait donné les consignes ce qu’il a reconnu lors de l’enquête, admettant au passage que sa réaction était disproportionnée. Un seul des trois animateurs reconnaît des « baffes ». En revanche un autre aurait donné 100€ à la mère de la victime pour qu’elle ne porte pas plainte. « Par générosité » aurait-il assuré.

Le tribunal ne l’a pas vu de cet œil là et a condamné tous les protagonistes jeudi. Le directeur a écopé de 12 mois de prison dont quatre avec sursis. Trois autres prévenus, dont le frère de l'enseignant âgé de 20 ans, et deux animateurs employés par la ville de Sarcelle, âgés de 24 et 29 ans, ont été condamnés à des peines allant de six à huit mois dont quatre avec sursis.