Méfiez-vous des avis sur internet !

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12 octobre 2017
Par Mikaël Livret
On les regarde pour se faire un avis et pourtant au moins un sur trois n’est pas digne de confiance. D'après une enquête de la répression des fraudes, 35% des avis des avis consultables sur Internet sont non-conformes ou portent à confusion.

Mieux vaut réfléchir à deux fois avant de se fier aux avis des autres. D'après la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), de nombreux sites Internet ont recours à des pratiques frauduleuses concernant la partie commentaires.

D'après le ministère de l'Économie, un peu moins d'un avis sur trois est faux. Une enquête menée par la DGCCRF a révélé le 6 octobre dernier un taux d'anomalie toujours très élevé de 35%. Ces pratiques commerciales trompeuses, observées depuis 2010, toucheraient tous les secteurs et notamment ceux de l'automobile, de l'électroménager, de l'habillement ou de l'hôtellerie.

Mais en quoi consistent ces pratiques que la répression des fraudes juge impossibles à reconnaitre pour un simple consommateur? Certains professionnels rédigent eux-mêmes des avis, avantageux, en se faisant passer pour des consommateurs ou publient de faux avis, défavorables, sur leurs concurrents. D'autres ont recours à la modération pour supprimer, ou cacher des avis négatifs, relégués dans les dernières pages. Ces deux pratiques ont été observées plus particulièrement dans le secteur de l'hôtellerie, dans certains organismes de formation, mais également dans les services entre particuliers.

Les consommateurs, de plus en plus nombreux à se fier aux avis

Ces comportements trompeurs touchent non seulement les consommateurs, de plus en plus nombreux à se fier aux avis d'autres internautes, mais aussi les professionnels, qui doivent faire face à de la concurrence déloyale. D'après la DGCCRF, 74% des internautes auraient déjà renoncé à acheter un produit à cause de commentaires ou d'avis négatifs et 41% auraient déjà réalisé un achat spontané à la suite d'un avis positif.

Des chiffres inquiétants au regard de la hausse des pratiques déloyales, qui encouragent des associations à fiabiliser le traitement des avis en ligne des consommateurs. C'est notamment le cas de l'Association française de normalisation (Afnor) qui a publié, en juillet 2013, la première norme volontaire pour lutter contre les faux avis des consommateurs. La norme Afnor ne comporte aucune obligation mais représente un gage éthique, devant garantir l'interdiction d'acheter des avis et l'identification de l'auteur pour le modérateur.

Devant la récurrence des pratiques des faux-avis de consommateurs, l’enquête sera reconduite pour garantir aux consommateurs une information loyale et fiable et préserver une saine concurrence entre les professionnels. Par ailleurs, le cadre réglementaire a été renforcé pour renforcer l’information du consommateur. Ainsi, à compter du 1er janvier 2018, toute personne dont l’activité consiste à collecter, modérer ou diffuser des avis en ligne de consommateurs devra assurer une information loyale, claire et transparente sur les modalités de publication et de traitement de ces avis. Cette information portera notamment sur la date de publication des avis en ligne ainsi que sur les critères de classement et l’existence d’une procédure de contrôle de ces avis.