Le Grand Paris Express sera-t-il remis en question ?

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11 octobre 2017
Par Mikaël Livret
Alors que le coût du futur métro automatique s'envole, certaines lignes pourraient être remises en cause. Comme la ligne 18, qui doit relier Orly à Versailles Chantiers et la ligne 17 entre Saint-Denis Pleyel et Le Mesnil-Amelot.

Pas question de revenir en arrière. Ils se sont réunis samedi dernier à Versailles et prévoient de remettre le couvert lundi 16 octobre à Guyancourt. Les élus des Yvelines sont plus que jamais mobilisés pour s'assurer de voir la ligne 18 du futur Grand Paris Express arriver dans leur département. Et ce d'ici 2024 comme prévu au départ. Depuis quelques semaines, des rumeurs laissent en effet entendre que le gouvernement pourrait revoir la copie du futur métro automatique en retardant certaines lignes. Seraient ainsi sur la sellette la ligne 18, qui doit relier Orly à Versailles Chantiers et la ligne 17 entre Saint-Denis Pleyel et Le Mesnil-Amelot.

Le budget a explosé

Il faut dire que, s’ils sont courants, les dépassements dans le budget du projet commencent à prendre des proportions importantes. Au fur et à mesure que les travaux de construction des gares se concrétisent et que les marchés pour creuser les futurs tunnels sont passés, les études s'affinent. Estimé au départ à 26 milliards d'euros, le projet pourrait en réalité coûter au final 35 milliards d'euros. Le gouvernement devrait donc procéder à des ajustements début novembre. "Il n'est pas question de remettre en cause le tracé du Grand Paris, a assuré Elisabeth Borne, la Ministre des Transports, lors d'un déplacement à Versailles début octobre. On doit réfléchir à une programmation mais la ligne 18 arrivera dans les Yvelines, il n'y pas de doute là-dessus".

L’occasion de se poser les bonnes questions

Pour certains en revanche, cette remise à plat du projet de métro automatique doit être l'occasion de se poser la question de la pertinence de certaines lignes. Tous les projets ne sont pas justifiés selon l'association des usagers des transports en Ile-de-France. "La ligne 17, par exemple, ne dessert quasiment aucun habitant. Elle n'est là que pour justifier un projet d'urbanisme sur le triangle de Gonesse, qui est assez contestable", estime son président Marc Pélissier. Et sur la ligne 18, avec un trafic prévisionnel de 100 000 voyageurs par jour pour un coût de 3 milliards d'euros, le métro est une solution "surdimensionnée", selon lui. D'autres moyens de transport moins coûteux pourraient être envisagés.