Chaude ambiance pour les DRH au bois de Boulogne

DR
13 octobre 2017
Par Mikaël Livret
Un collectif appelait à une « chasse aux DRH »! Voitures incendiées, jets de projectile sur les forces de l’ordre. Des militants d’extrême gauche se sont rassemblés sans autorisation dans le bois de Boulogne ce jeudi en marge d’un congrès de DRH. 41 personnes ont été interpellées.

Rien ne s’est passé comme prévu. La 34e édition du Congrès des DRH qui se déroulait ce jeudi au restaurant huppé "Le Pré Catelan", dans le Bois de Boulogne, à Paris, a dégénéré. Une manifestation organisée non loin par des syndicats, notamment Solidaires, entendait faire la "chasse aux DRH" et des affrontements entre plusieurs manifestants ont eu lieu en marge de ce rassemblement. La ministre du Travail Muriel Pénicaud, invitéé au Congrès, a fait savoir le matin même qu'elle ne se déplacerait pas. 

Trois véhicules garés sur place ont été brûlés, et quatre autres ont été dégradés. 41 personnes ont été interpellées pour "jet de projectiles sur les forces de l'ordre, port d'arme prohibé et "participation à un attroupement en étant porteur d'une arme", a annoncé la préfecture de Police de Paris dans un communiqué. La police  évoque "de nombreux jets de projectiles" et la présence de "80 individus" issus de la "mouvance contestataire". Cinq hommes de 18 à 30 ans sont toujours en garde à vue ce vendredi matin.

Dans son communiqué, la préfecture de Police évoque un seul rassemblement "non déclaré", de la part de cette "mouvance contestataire". Le syndicat Solidaires, qui a organisé une manifestation sur un point fixe, à un carrefour proche de l'entrée du Pré Catelan, affirme de son coté que son rassemblement était dûment déclaré.

Cette "chasse au DRH" a été annoncée de longue date

Le site d'extrême-gauche lundimatin.am a publié, le 11 septembre, un appel à perturber le congrès des DRH du Pré Catelan. Le 21 septembre, un appel semblable a été publié sur un blog hébergé par le site d'investigation Mediapart, signé par plusieurs universitaires, syndicalistes et artistes. Mais le rassemblement n'est pas encore qualifié de "chasse aux DRH". On retrouve cette expression sur le site du syndicat "Solidaires", qui reprend la tribune de Mediapart.

Début octobre, le site internet chasseauxdrh.com fait son apparition, tout comme le hashtag #chasseauxdrh sur Twitter. Sur le site, en tête de page, une date, le jeudi 12 octobre, et un appel : "Réservons le meilleur accueil à Muriel Péricaud, la DRH de l’entreprise France". Un rendez-vous destiné à "brusquer, traquer, enfumer…" peut-on lire. Par ailleurs, des informations sur le "déroulement de la chasse" sont visibles sur ce même site. Les manifestants étaient appelés à se rejoindre à 8h précises pour un "rassemblement statique autorisé par la Préfecture de police de Paris" et ce jusqu’à 13h30.

Plusieurs photos montrent que ce rassemblement statique a bien eu lieu, avec de nombreux drapeaux Solidaires. Plusieurs membres du syndicat qui ont participé au rassemblement affirment n'avoir vu aucune arrestation ni dégradation sur le lieu de ce rassemblement statique.